Le Surveillant

Ce que la critique en pense

"Gaëtan Brulotte est de ces auteurs qui ont participé de façon significative à l'histoire récente de la nouvelle québécoise (...). Le Surveillant passe pour un recueil emblématique, qui a contribué à donner une formidable impulsion au genre..." Francine Bordeleau, Lettres québécoises 87 (1997), 14.

"C'est assurément Le Surveillant de Gaëtan Brulotte qui marque le pas (...) ce recueil (...) consacre une rupture et annonce le ton, l'orientation que prendra le genre dans l'avenir. Avec une minutie presque maniaque, Brulotte débusque l'absurde, les faux-semblants, voire l'aspect totalitaire que dissimulent les automatismes de façade, les antagonismes sociaux, les rapports hiérarchiques. Ses personnages illustrent bien ce qu'on pourrait appeler, pour reprendre le titre de Freud, une "psychopathologie de la vie quotidienne". Cependant Le Surveillant raconte moins des histoires qu'il ne dépeint des états, Brulotte n'est plus seulement dans la fiction mais dans la métafiction, et ses textes semblent réfléchir sur le processus même de l'écriture..." Marie Caron, Lettres québécoises, 2000, p. 39.

"Certaines des nouvelles du recueil de Brulotte sont peut-être à compter parmi les meilleurs textes publiés au Québec en 1982, simples, sobres, pourvus d'une sorte d'intelligence de l'émotion originale et riche." René Lapierre, Liberté, avril 1983.

"...un recueil de dix nouvelles d'une rare qualité. [...] une parfaite maîtrise du genre de la nouvelle. [...] Thématique universelle inspirée de petits faits quotidiens, mais non anodins; sens aigu de l'ironie qui feint de ne pas prendre partie pour ou contre mais s'installe au centre même du discours; habileté dans la construction du texte; intelligence de l'écriture d'une limpidité suspecte, tout fait de ce recueil de nouvelles une grande réussite. [...] Le Surveillant est un livre à la fois drôle et grave, chargé de références et d'échos modernes, qui nous dévoile avec sobriété, à peine un frémissement, l'envers dramatique du monde contemporain. " Noël Audet, "L'intelligence de l'écriture", Le Devoir, 18 Déc. 1982, 23.

"Je n'avais pas lu l'Emprise. J'ai donc le plaisir, un peu tardif, de saluer aujourd'hui un écrivain, un vrai, qui sait écrire et qui sait raconter, qui se promène avec une aisance remarquable dans toutes les espèces d'absurde qui composent notre monde. [...] On rit parfois en lisant Gaétan Brulotte. Ce n'est jamais d'un rire franc. Car les situations, même les plus fantaisistes, dans lesquelles il plonge ses personnages ressemblent par trop de traits à celles que nous vivons tous les jours pour que nous n'en éprouvions pas quelque malaise. Les choses pourraient vraiment se passer comme il les raconte." Gilles Marcotte, L'Actualité, avril 1983, 118.

"Il n'est pas facile de donner à un recueil de nouvelles un caractère d'homogénéité aussi bien au niveau de l'écriture qu'à celui du propos. Avec Le Surveillant, Gaétan Brulotte y est parvenu. [...] Toutes ces figures, toutes ces situations parlent définitivement de la perte et du manque, bref, du désir. Ce que Brulotte semble mettre en jeu, par une sorte d'exacerbation de la loi et de ses corollaires, relève des préoccupations de la modernité. Tout cela se fait en douce, avec une économie de moyens qui rappelle Beckett et Kafka." Marcel Labine, Spirale, Montréal, mars 1983, p. 3.

"La force tranquille de l'absurde. [...] On y reconnaît la manière de l'auteur: une bonne maîtrise de ses moyens d'expression et l'adéquation optimale de l'écriture et du propos. [...] [M. Brulotte] est parvenu à donner à ses dix nouvelles, pourtant bien différentes, une unité d'inspiration qui chasse cette impression de morceaux choisis que laissent souvent les recueils de nouvelles. [...] Des nouvelles d'une belle qualité." Réginald Martel, La Presse, Montréal, le 12 février 1983, p. D-3

"Un livre drôle et grave à la fois [...] Une maîtrise exceptionnelle." André Gaudreault, Le Nouvelliste (Trois-Rivières), 5 fév. 1983, 14-A.

"Parmi les meilleurs recueils parus depuis de début des années 80." Jean-François Chassay, Spirale, mars 1986.

"L'écriture est belle, élégante, sensuelle. En quelques mots les personnages prennent de la densité, se font réels. Ils sont à la fois vains et tragiques, ridicules et passionnés." Christiane Laforge, Le Quotidien de Chicoutimi, 24 déc. 1982, 13.

"Gaétan Brulotte est très habile et son habileté est à l'image de son écriture qui est très belle, qui est travaillée, qui est minutieuse. [...] C'est peut-être le thème de la liberté qui pourrait réunir les dix nouvelles du Surveillant. [...] J'ai l'impression qu'on ne peut pas trouver dans la littérature québécoise une filiation aux nouvelles de Gaétan Brulotte." Michelle Roy, CKRL FM, Québec, le 26 janvier 1983

"Une dizaine de nouvelles au charme un peu traître. Gaétan Brulotte est un ironiste. [...] Les appâts de ces petits pièges littéraires sont nombreux: de la finesse, une certaine drôlerie, une langue très correcte et même élégante, un texte cohérent, très lisible [...]. Mine de rien, poliment, Gaétan Brulotte procède à des démystifications en règle et fait éclater l'absurdité des situations et l'inconscience des individus." Gilles Cossette, Lettres québécoises, Printemps 1983, no 29

"Le recueil de Brulotte est écrit dans une langue impeccable qui épouse souvent la situation décrite: phrases courtes, saccadées, style concis. Cette rare économie de moyens n'est-elle pas la qualité d'un bon écrivain? Brulotte a du talent. On attend la suite de son oeuvre bien amorcée avec le prix Robert-Cliche, car il a des choses à dire et sait bien les dire." Aurélien Boivin, Québec français, mars 1983, p. 3

"...belongs to the literature of the absurd, depicts a universal truth: humans engage in senseless activity most of the time and try to make it appear purposeful by finding justification in bending human will and intelligence to the omniscience of an order, for no other reason than it has been given. (…) Sparkling passages (...) together with numerous penetrating insights, keep the reader's interest throughout." Thomas Brown, Québec Studies, Hanover, New Hampshire (USA), 3, 1985, p. 221-222.

"Although the collection ends on a note of hope, we must not underestimate the warning contained in the collection's title. Le Surveillant enfolds not only the obvious noun phrase but also a disquieting participial construction whose object is imprecise, and whose subject is absent. [...] The threat of the possibility of extinguishing the human desire for freedom, decency, and meaning is always with us; it must be countered by perpetual vigilance." Ruth M. Mésavage. "Conceptual Rhetoric and Poetic Language in Le Surveillant by Gaétan Brulotte", Quebec Studies (Hanover, New Hampshire, USA), 3(1985): 201

"C'est un problème important que Gaétan Brulotte pose dans ce livre. [...] Gaétan Brulotte a réussi sur un mode humoristique l'un des grands contes philosophiques de notre époque, propre à nous faire réfléchir sur le sens de la vie, sur le travail." Jean Sarrazin, La vie quotidienne, radio de Radio Canada le 8 décembre 1982.

"On est en pleine littérature d'action. [...] Ce sont d'authentiques nouvelles. On n'a vraiment pas l'impression de lire de courts romans. Il y a cette condensation, et là j'insiste vraiment sur le mot, cette condensation qui fait d'une nouvelle en quinze pages une situation totale, un cosmos qui semblerait complet. [...] L'écriture de Gaétan Brulotte est minutieuse, [...] capable d'étalement sériel.[...] Ce ne sont pas les prochains livres de Gaétan Brulotte qu'il faut lire, c'est celui-là." Gilles Pellerin, Book Club, Radio Canada FM, le 24 janvier 1983

"Gaétan Brulotte est un romancier qui laissera une trace durable dans notre littérature. Il pratique l'économie de mots quand le gaspillage est à la mode. Pas de scories ni de complaisance comme en accumulent parfois des débutants ou même des écrivains de métier. On préfère le raccourci à l'étalement bavard, la discrétion et la pudeur à la provocation. [...] à mesure que l'on progresse dans la lecture de ce livre, se dessine une sorte de libération par l'écriture et la poésie. [...] Cela se termine en beauté et en douceur. C'est aussi cela l'art de la nouvelle. Laisser un souvenir qui puisse à son tour se transformer en rêve. Construire un monde en peu de mots et le regarder vibrer, se transformer pendant quelques minutes, pendant quelques pages." Madeleine Ouellette-Michalska, Livres et auteurs québécois, Janv.1983.

“L'écriture de l'auteur est sobre et sert bien l'absurde, l'angoisse et la solitude qu'incarnent les personnages. Jamais la lecture n'est ennuyante car l'auteur sait aller chercher l'insolite qui se cache derrière les platitudes du quotidien." Raymond Martin, Moebius 17, Printemps 1983, p. 92

"Ce recueil de nouvelles vaut sûrement la peine d'être lu. Il nous fait réfléchir, nous séduit, nous émeut et, cela, dans un style admirable. [...] Gaétan Brulotte est assurément un bon écrivain. Vraiment bon.[...] Il y a des talents qui ne trompent jamais." Claude Wintgens, Image de la Mauricie 7.6, mars 1983, p. 29

“Gaétan Brulotte aime faire l'expérience de la nouveauté, de l'originalité et, dans le fond, de l'étrangeté. Comme les surréalistes, il trouve de l'insolite dans le quotidien le plus élémentaire. Il aime surprendre ses mystères, sa démesure et sa déviance [...] Derrière tout cela, il y a également un corps à corps rassurant/inquiétant avec l'interdit. Et chaque fois une fête du regard. Chaque fois une incursion dans les parties les plus obscures, mais aussi les plus riches de l'âme humaine. Et sûrement toute la densité charnelle d'une écriture exceptionnelle. " Gérald Gaudet, Trois-Rivières, L'échange, mai 1981, p.1.

"Une écriture différente, raffinée, imagée, un tant soit peu fantastique et à la mise bien soignée. [...] Le tout sous le couvert de l'humour [...] un humour à la fois subtil et irrévérencieux. Une langue française habilement menée. [...] Un très beau petit livre." Normand Desjardins, Nos livres, mars 1983, p. 15

"Dix textes d'une remarquable concision. Dix courtes incursions dans un quotidien qui devient vite nôtre grâce à la précision et à la sobriété d'une écriture très efficace." Paul-André Bourque, Au masculin, août 1983, p. 31

"Il faut être un être profondément humain pour écrire ce genre de texte. Et votre langue écrite est très belle. [...] Dans vos textes, selon moi, il y a tout ça, il y a de la danse, il y a de la chorégraphie, il y a du côté acteur évidemment, du théâtre, c'est cinéma aussi, c'est télévision, c'est radiophonique. Chose assez rare! Après trente et un an de métier professionnel, je peux le dire maintenant: c'est très rare! Et ça c'est depuis la première fois que j'ai fait de vos textes." Julien Bessette, paroles de comédien, Radio-Canada, mars 1981.Grimoire, nov. 1981, p. 20-21.

"G. Brulotte est un redoutable observateur de toutes les formes d'aliénation, subtiles ou grossières. Ses nouvelles sont de courtes mais troublantes incursions au pays de l'absurde [...] G. Brulotte a su trouver le ton laconique ou ironique qui convient bien à ses récits. L'écriture est soignée, précise, parfaitement maîtrisée." André Berthiaume, Livres et auteurs québécois, Presses de l'Université Laval, Québec, 1982, p. 36-37.

"Gaétan Brulotte n'a jamais considéré ni sa vie ni son métier à la légère. [...] Il a toujours choisi les chemins les plus difficiles, les plus exigeants." Pierrette Roy, La Tribune, Sherbrooke (Québec), le 15 janvier 1983, p. B-3

"Je suis l'homme du désert" clame le peintre des espaces difficiles et des expériences arides, l'écrivain des états excessifs de l'écorce terrestre et de l'âme humaine. Cet homme du désert, c'est Gaétan Brulotte. [son] Surveillant est lui aussi un homme du désert." Régis Tremblay, Le Soleil, Québec, le 29 janvier 1983, p. D-3

"Bien écrit; une lucidité souvent amère." Paul Mancel, Le Devoir, Montréal, le 4 décembre 1982.

"Une feuille de route impressionnante. Des marginaux qui ressemblent à tout le monde [...] On se retrouve dans des nouvelles comme le Surveillant, le Balayeur, l'Exalté. [...] Dans Le Surveillant, on reconnaît le style de l'auteur, son écriture recherchée, précise, originale, sa minutie à développer ses personnages..." Louis-Marie Lapointe, Progrès-Dimanche, Chicoutimi (Québec), le 26 décembre 1982.

"Il n'y a pas de fioritures [...] Vous allez rire un bon coup, pas toujours mais souvent. Et ça se lit bien." Jean Malo, "Tout sur tout", CHLT TV, Sherbrooke (Québec), le 13 janvier 1983.

"Un bon recueil de nouvelles. Petites proses courtes, doucement ironiques, cruellement vraies. Toujours un peu en deçà ou au delà de l'événement. [...] Les univers évoqués composent une sorte de kaléidoscope du monde contemporain. " Réjean Beaudoin, Liberté, Montréal.

"L'auteur du Surveillant est sorti de l'univers collectif québécois et s'est mis à la recherche d'une expérience universelle. Il incarne à merveille le nouvel état d'esprit québécois: s'ouvrir sur le monde. (...) Le Surveillant est une oeuvre d’une indéniable qualité. Il témoigne de tout le raffinement et de toute la subtilité d’un auteur professionnel et sérieux." Cheryl Demharter, The French Review, Avril 1984.

"Il y a le rythme, c'est écrit pour l'oreille. Il y a les couleurs, c'est écrit pour les yeux. Il y a l'observation incisive et l'humour inquiétant, c'est écrit pour l'esprit." Raymonde L. Leclerc, L'hebdo de Trois-Rivières, 5 mars 1985, p.3

"Gaétan Brulotte est sans nul doute l'un des meilleurs jeunes auteurs signalés par un prix" (...) Confrontés à l'insensé de l'Ordre, les personnages s'y investissent si intensément, avec une logique et une absurdité si absolues qu'ils finissent malgré eux par contourner la Loi ou du moins, à en bloquer les rouages. (...) C'est cette coïncidence de la très brève interrogation et d'une fatale abolition de l'être qui fait tout le pouvoir de ces textes. L'utilisation de la nouvelle permet à Brulotte de nous faire participer à une insoutenable légèreté plutôt qu'à une surenchère de profondeur." Francine Bordeleau, Nuit Blanche 23, mai-juin 1986, 33